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J'aime l'eau douce de la rivière Vaima, comme elle me caresse avec sa main froide, comme elle m'enveloppe de son linceul humide. J'aime plonger dans son bassin et toucher son coeur de pierre, ouvrir les yeux à l'intérieur de son corps comme si j'étais dans le ventre de ma mère.

 

J'aime la rivière Vaima, elle me ressource, je lui appartiens, je suis une de ses filles. Son eau entre dans ma gorge, elle glisse dans mon sang, toute entière.

 

Trois anguilles s'y nichent et sortent de dessous le rocher d'où jaillit son eau, elles fuient le bruit et l'agitation. Mais lorsque le bassin est au calme, elles apparaissent, ondulent et glissent dans le corps de la rivière, à la recherche de nourriture.

 

La rivière Vaima, dans les grands moments de silence, est la plus parlante. Je lui confie mon lourd secret, celui qui pèse dans mon coeur, lourd comme une ancre. Elle scintille d'argent, frissonne sous le vent, si vivante à mon âme, elle sait qu'au fond de moi, une autre source jaillit, celle de l'amour, tourmentée par le vent, le soleil et la pluie.

 

Et sans y prendre garde, je me suis laissée séduire par la douceur de son eau, bruyante et libre. Si je ne la retrouve pas, pendant plusieurs jours, elle me manque: Je lui appartiens. Mon corps plonge, les yeux ouverts, et ma main blanche touche son coeur de pierres, je me sens chez moi, comme dans le corps de ma mère, dans l'eau douce de la rivière Vaima.

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