DSC02529« La restauration d’un monument ruiné n’est jamais neutre.(…) on ne fera pas les mêmes choix si l’on considère qu’il s’agit d’un monument historique (…) (ou) s’il s’agit d’un lieu sacré chargé de mana (…)Dans un cas il paraîtra par exemple naturel de remplacer une pierre dressée disparue par une autre, dans l'autre, cela n'aura aucun sens car cette pierre dressée, et aucune autre, représentait un ancêtre. Dans un cas il sera légitime d'utiliser du ciment pour consolider les structures, dans l'autre, ce pourra être perçu comme une pollution d'un espace sacré par un élément profane et anachronique. (…) »[1] (Henri Marchesi, 2004)

 

Des recherches archéologiques qui nécessitent le dessouchage de plusieurs arbres.

 

Lors de la restauration du Maraetaata, de nombreux arbres ont été déracinés, soit parce qu’ils menaçaient la stabilité de la structure, soit parce que les fouilles nécessitaient de les dessoucher. Ainsi, on a abattu neuf arbres qui poussaient dans les murs et contribuaient à leur destruction.

 

Plusieurs papayers ont été dessouchés, des tronçons de murs et de Ahu ont du être enlevés pour laisser les troncs d’arbres tomber, et reconstruits ensuite. Il a fallu stabiliser et dégager le terrain pour reconstruire les murs. Lors des travaux, on a constaté que de nombreuses pierres étaient manquantes, emportées par les « collectionneurs » ou par les gens pour leurs clôtures.

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25 souches d’acacias ont été déracinées dans l’un des marae, les chercheurs ont remarqué que le sous bassement externe du mur contournait les souches. Ils ont ensuite réaligné le mur. Egalement, un Purau d’un mètre cinquante poussait à l’intérieur du mur sud de l’enceinte e (Plateforme Ouest). Deux tulipiers du Gabon ont du être enlevés dans l’angle nord-est de l’enceinte f (Plateforme centre), ayant détruit cette zone. Enfin, dans la 3ème enceinte, le mur sud était désorganisé à cause de deux gros pistachiers et d’un Uru.

 

En 2003, lors des fouilles, Trois pierres d’une grande importance ont été brisées pendant la nuit.

 

Les 3 pierres dans la 3ème enceinte ont du être déplacées pour l’abattage des arbres. Elles ont été mises de côté et dans la nuit, d’eux d’entre elles ont été brisées par des inconnus. Les chercheurs les ont recollée en laissant- volontairement- la cassure apparente.

 

Le Maraetaata, dix ans plus tard :

Rencontre avec Paula Gooding, de la société Paysagiste Gooding.

 

DSC02558« Une autre entreprise paysagiste a refait les murets, avec les archéologues. Nous avons refait les plantations autour du Maraetaata, il y a un an. Les arbres étaient là, il y a un Uru qui donne des Uru rouges, un tipanie, là au centre, vous avez un Puatea, originaire des Tuamotu… le Tamarinier était déjà là, idem pour le Tau… Nous avons planté le Motoi (Ylang Ylang)… On a proposé un espace paysagé et on nous a donné des directives, qu’on a suivies. Je viens de temps en temps entretenir le Marae »

 

« Je suis fâchée parce que des vandales sont venus… »

 

DSC02694« Quand je viens nettoyer le Maraetaata, je constate, comme aujourd’hui, que des vandales sont venus : Il paraît qu’une femme se fait passer pour la jardinière du coin, elle fait semblant d’entretenir. Elle ne s’embête pas, elle vient chercher les pieds de bananes, ils coupent ça comme des vandales, un peu n’importe comment. Elle coupe 4 ou 5 régimes régulièrement… ça ne me dérange pas que les gens coupent un régime, peu importe, mais qu’ils le fassent bien… Régulièrement je viens avec mon sac poubelle, je nettoie, les jeunes viennent ici, fument des joints ici, vont manger là, tailladent les cannes à sucre, n’importe comment et après il y a plein de trous…»

 

La Culture, le parent pauvre

 

DSC02697« Pour l’entretien, le budget est limité. Je viens une fois par semaine, de temps en temps. Le Maraetaata c’est aussi notre vitrine. Peut-être que les gens feraient plus attention si on passait régulièrement la débroussailleuse… Il y a un service qui est censé entretenir tous les espaces verts. Une fois j’en ai vus venir passer la débroussailleuse, ils sont cinq, quatre qui regardent (rire)… parfois la débroussailleuse passe un peu trop près de l’écosse des arbres, et l’arbre meurt… Alors là, je n’apprécie pas ce genre de travail »

 

le marae, refuge de jeunes désoeuvrés

 

DSC02711« Le marae souffre probablement d’un déficit de gestion et d’un manque de civisme de la part de certains ados désoeuvrés qui traînent ici… Au début des travaux, je me souviens que des jeunes avaient tagué les murs… Il m’est arrivé de dire à ces jeunes ‘ramassez vos déchets, sinon on va sévir…’, alors ils rigolent, ils disent oui, mais en fait, ils s’en fichent, ils recommencent. Mais ils ne sont pas méchants, même une fois, ils m’ont proposé de l’aide, mais pas pour longtemps, ils ont vite disparu… »

 

 



[1] Bilan de la recherche archéologique en Polynésie française 2003-2004, 1ère phase de travaux sur le Maraetaata, p.59 : http://www.culture-patrimoine.pf/IMG/pdf/DAP_04-01_Ch_01-16.pdf

 

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